Une fois l'offre d'achat acceptée, la vente n'est pas encore sécurisée : c'est le compromis de vente qui engage réellement vendeur et acheteur. Mal négocié ou mal compris, il peut faire perdre plusieurs semaines, voire faire échouer la transaction. Voici comment il fonctionne, quels délais respecter et quels pièges éviter, côté vendeur comme côté acheteur.
En bref
Le compromis de vente engage les deux parties dès sa signature. L'acheteur dispose d'un délai de rétractation de 10 jours, puis la vente reste suspendue aux clauses suspensives (obtention du prêt, en général 45 jours). Comptez ensuite environ 3 mois supplémentaires avant la signature de l'acte authentique chez le notaire.
Compromis de vente ou promesse de vente : quelle différence ?
Le compromis de vente (ou promesse synallagmatique) engage immédiatement les deux parties : le vendeur s'engage à vendre, l'acheteur à acheter, au prix et aux conditions fixés. La promesse unilatérale de vente, plus rare dans les transactions courantes, n'engage que le vendeur pendant une période donnée, l'acheteur restant libre de lever ou non l'option. Dans la grande majorité des ventes à Paris, c'est le compromis qui est utilisé.
Le délai de rétractation de 10 jours
À compter du lendemain de la réception du compromis signé (remis en main propre ou par lettre recommandée), l'acheteur bénéficie d'un délai légal de rétractation de 10 jours calendaires. Il peut se rétracter sans justification ni pénalité pendant ce délai. Ce droit n'appartient qu'à l'acheteur : le vendeur, lui, est engagé dès la signature et ne peut plus se retirer librement.
Les clauses suspensives : ce qui peut annuler la vente sans pénalité
Le compromis prévoit des conditions suspensives qui, si elles ne se réalisent pas, permettent d'annuler la vente sans frais pour l'acheteur. La plus fréquente est la clause suspensive d'obtention de prêt : l'acheteur doit démontrer des démarches sérieuses auprès des banques (au moins une demande de prêt conforme aux caractéristiques indiquées dans le compromis). Le délai habituel est de 45 jours à partir de la signature. D'autres clauses peuvent s'ajouter selon le dossier : absence de servitude découverte, obtention d'un permis, levée d'un droit de préemption.
Point de vigilance
Une clause suspensive de prêt mal rédigée (montant, taux maximal, durée non conformes à la demande réelle de l'acheteur) peut être source de litige si la vente échoue. Elle doit toujours correspondre précisément au financement recherché.
Le dépôt de garantie : montant et rôle
À la signature du compromis, l'acheteur verse généralement un dépôt de garantie représentant 5 à 10 % du prix de vente, séquestré par le notaire ou l'agence jusqu'à l'acte authentique. Cette somme est imputée sur le prix final. Si l'acheteur se rétracte pendant le délai légal ou si une clause suspensive n'est pas levée, le dépôt est intégralement restitué. En revanche, un acheteur qui renonce à la vente hors de ces cas prévus perd généralement ce dépôt au profit du vendeur, à titre de clause pénale.
Un compromis à sécuriser ?
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Demander une estimation gratuiteEntre le compromis et l'acte authentique : à quoi sert ce délai ?
Le délai d'environ 3 mois entre le compromis et l'acte authentique n'est pas une simple formalité : il permet au notaire de purger le droit de préemption de la mairie (sauf renonciation anticipée), de réunir les pièces d'urbanisme, de vérifier l'origine de propriété et de solder d'éventuelles hypothèques. C'est aussi le délai pendant lequel l'acheteur finalise son financement une fois la clause suspensive de prêt levée.
Que se passe-t-il si une partie se retire après le délai légal ?
Une fois le délai de rétractation écoulé et les clauses suspensives levées, chaque partie est pleinement engagée. Si l'acheteur renonce sans motif légitime, le vendeur peut conserver le dépôt de garantie et, selon les clauses prévues, engager une procédure pour contraindre à la vente ou obtenir des dommages et intérêts. Si c'est le vendeur qui se rétracte, l'acheteur peut demander l'exécution forcée de la vente devant le tribunal ou des dommages et intérêts. Ces situations restent rares mais soulignent l'importance de ne signer qu'un compromis dont les conditions sont pleinement comprises et acceptées.
Les documents qui doivent être annexés au compromis
- Le dossier de diagnostic technique complet (DPE, amiante, plomb, électricité, gaz, ERP)
- Le règlement de copropriété et les 3 derniers procès-verbaux d’assemblée générale
- Le carnet d’entretien de l’immeuble, si disponible
- Le montant des charges de copropriété et l'état des éventuelles procédures en cours
- La notice d'information sur le droit de rétractation
Ces annexes sont les mêmes que celles détaillées dans notre guide complet de la vente à Paris. Un dossier incomplet au moment du compromis retarde systématiquement la signature de l'acte authentique.